Pour faire simple sur cette saison 2026, en régate , le meilleur tacticien est celui qui va plus vite que les autres.

Personnellement, je ne régate jamais, quand je suis seul sur le plan d’eau.

14 juin , début de saison,

Le bateau est prêt, l’équipage affûté, les mouvements de pavillons s’enchaînent sur le bateau comité (le meilleur de la façade atlantique selon toute vraisemblance), le départ est « bon », on va contourner la bouée de dégagement et là… plein gaz, voiles en ciseaux pour ramasser un maximum d’air et on file….a huc de cayàou  Les autres devant prennent de la distance, qu’importe, ils ne profitent en rien de la beauté du Bassin, ils vont trop vite, l’arrivée est en vue, la ligne coupée, notre bel esquif n’a , lui, gêné personne, ni cogné aucun obstacle…

Nous terminons à la cinquième place —-

20 juin Régate des Pirelons….

Les disponibilités de chacun, chacune n’étant pas toujours en adéquation avec le calendrier des régates, nous avons embarqué un nouveau Chef de bord, il est reconnu dans le milieu comme étant un Warrior . En numérologie le nombre  44 est un nombre maître associé à une grande puissance de travail, à la discipline et à l’organisation… Forts de cette aura, nous nous alignons, sans stress confiants en cette bonne étoile qui nous accompagne. Le regard perçant caché sous ce fameux chapeau à bord large, cette barbe de vieux loup de mer, le bassin nous appartient, rien ne peut nous faire peur. Faute de temps, de communication ou de sottise de notre part….. nous n’avons pas eu  l’opportunité  d’informer nos adversaires du jour, de cet avantage indéniable embarqué sur le vaisseau Amiral de la flotte traditionnelle…. Et bien,  vous le croirez ou pas, ils nous ont totalement ignorés, dépassés, distancés, abandonnés.. La tête haute et le regard lointain nous prenons cette honorable 5ᵉ place qui nous semble être attribuée cette année..

 27 juin, régate de Gujan…..

Malgré deux départs différés en temps, nous allons à m’en donné, croiser les pinasseyres aux détours de ce parcours. Consigne est donc donnée de la plus grande vigilance. Ces frêles embarcations, pour le plupart, propriété des communes voisines, sont comptées, armées d’équipages hétéroclites , échangeant parfois des propos fleuris et variés si vous avez le malheur de vous approcher trop près, à leur goût. Histoire vécue en direct, lorsqu’ils abordent par exemple une bouée ou une marque de passage. De là à penser que nous sommes en terres hostiles, quelques esprits vifs et réalistes, l’auront très vite compris.

 Nous avons pris plaisir à embarquer un invité qui a délaissé sa tantine préférée pour quelques heures. Tu es toujours le bienvenu à bord .. Le temps est beau, le ciel est bleu, l’ambiance chaleureuse, nous terminons 4°….

11 juillet Hors challenge, classement ou influence sur le classement final de la saison LA Bacanot

L’été est bien installé, le rassemblement des bateaux se fait comme d’hab devant le plageot du CVA. Un rapide coup d’oeil confirme qu’il y a plus d’équipiers en train de barboter (expression dont l’origine est attribuée à une commune voisine) dans l’eau qu’à l’ombre sur les bateaux – La seule tension réellement visible est celle exercée sur les lignes de mouillage par une marée qui tourne…. Va peut être falloir penser à libérer les chevaux.. Un équipier à terre, départ façon 24 heures,, le sens de rotation autour de l’île a été déposé secrètement il y a déjà plusieurs heures, bien avant ce grand jour de fête. Au pèt de chioulet les coureurs entrent dans l’eau secouant les garayes comme s’ils traversaient un tus de jàougues à Natus de Bas – la régate est lancée,… enfin lancée ….. le départ a été donné, ……pour le reste… va falloir attendre …. attendre…. le comité est en train de cuire sous ce soleil de canicule sur une plate sans cabine ni parasol…. cela fait plus de trois heures maintenant …. A bord on s’abrite derrière l’ombre du mât, de la grand voile, on surveille la moindre risée, finalement on avance, ô tranquillot,  on fait le tour de l’Ile dans le bon sens,  on sort du Courbey et cap sur l’arrivée…. Venus d’on ne sait où, les « Muller » d’un rouge flamboyant ,rutilant,  éclatant,  dans la dernière ligne droite , se sont « Joué » de nous.. Rigolades assurées lors du retour reposant et réhydratant à l’ombre des platanes de la cabane à Jean pour les résultats. Nous sommes 5°

(il me semble l’avoir d’ailleurs déjà écrit quelque part …)

Parenthèse — Suite aux incendies qui détruisent, notre cocon de vie, les régates programmées du Moulleau et des fêtes de La Teste sont naturellement annulées– Nos pensées les plus sincères pour vos voisins de « l’autre côté d’eau » pour ce drame qui vous frappe, notre soutien total aux hommes et aux femmes de bonne volonté qui sont intervenus à quelque niveau que ce soit, L’empreinte de cette catastrophe est gravée dans notre territoire et nos âmes à jamais.

9 août régate rajoutée au calendrier pour remplacer La Teste 

Rendez vous à la K3 – Pointe du Tès

La lecture des instructions particulières de course  ne sont que ravissement, envie de voyages, d’aventures, de découvertes de lieux paradisiaques la 6 bis à tribord, la M 7, E1, E3 à tribord, DØ EØ bâbord  E3 bâbord, E1 tribord, 16b, 19 a bâbord, etc etc… mon cœur chavire , éstadit, la ligne est passée, avec un équipage à 57,14 % féminin, nous terminons 3° ( en toute modestie ce qui tient à être souligné….)

15 août Fêtes de la Mer à Arcachon In board ……

Après s’être restauré avec la traditionnelle paëlla sous les tamaris du front de mer, nous regagnons le bord avec les dinghys du CVA. (Merci Sophie) On file vers la ligne de départ. C’est ma première à la barre du Pierre MALLET. Je choisi de partir tribord au bateau comité. Étonnamment, le reste de la flotte décide de partir bâbord de l’autre coté de la ligne. Quand on est seul à faire quelque chose, soit on est un génie, soit on se trompe. Ce n’est pas grave, j’aurai plus de place pour manœuvrer à l’écart de la foule.

On lance la machine, le décompte du départ est lancé, la ligne se rapproche à grande vitesse. Ça va le faire ? J’ai un doute, on est trop tôt. Je demande à choquer les voiles, ERREUR ! Le bateau s’arrête net et aura toutes les peines du monde à repartir avec le courant dans le nez. Départ catastrophique, la prochaine fois, je longerai la ligne, en plus, j’avais toute la place pour moi. Mon expérience de départ en modèle réduit m’a servi à rien, j’avais oublié qu’une maquette de 4 kg réagit bien plus vite qu’un bébé de 6 tonnes.

Bon,  pas grave, on s’applique et on essaie de rattraper la flotte qui s’est fait la malle. On termine la première boucle et on repart contre le courant vers la bouée 14.

Ha ! La bouée 14, si on en parlait comme dirait ….

Ça  aurait pu bien se passer, on la loupe à quelques mètres près à la première tentative. On aurait dû virer plus loin, avec des si on a toujours un taux de réussite hallucinant.

Sur ce, on a rejoint Mayero et on entame de concert une série de virement de bords.

Ca croise, ça décroise, mais à l’arrivée sur cette satanée bouée 14 on est toujours dessous, le courant a le dessus sur toutes nos tentatives.

Dans un sens il nous envoie vers Arcachon, dans l’autre vers Piquey. Le courant ne faibli pas mais le vent OUI. On a beau s’appliquer, régler les voiles aux petits oignons, rien n’y fait. Au bout de x tentatives, Mayero est tout près de la bouée, va-t-il la faire ? Il a sans doute l’appui d’une risée salutaire, il passe et file comme un TGV vers l’arrivée. Vent arrière plus courant, sa voile est de plus en plus petite, on est le dernier bateau sur l’eau à essayer encore de passer cette satanée bouée. La suite de l’histoire ne dira pas comment on a passé la bouée, ce qui est sûr, c’est qu’on était à l’heure pour l’apéro.

Je remercie l’équipage du jour qui n’a rien lâché aux manœuvres, on fera mieux la prochaine fois.

JBL —-

16 août Régate du Canon.

Temps radieux , un vent plus occupé à souffler sur les braises encore fumantes par endroit du nord bassin,   qu’à tourmenter les pennons de nos voiles. Un petit tour dans le chenal de l’île et retour sur la ligne d’arrivée mise en place par le bateau du CNC Claouey…. on n’a croisé aussi des pinasseyres inquiets comme nous de savoir si on allait rentrer avant la nuit .. Nous terminons de jour à la 6° place… Merci les BAA-BAAS Pinassayres pour votre accueil toujours au Top ….

29 août Régate de Claouey.

Plan d’eau abrité, départ dans le chenal de Piraillan une biscouette à tribord une biscouette à bâbord, on descend le long de la presqu’île, la bouée de virement est mouillée au large de la pointe aux chevaux, pas le temps de leur donner du foin,  les bateaux plus légers prennent le dessus, les deux cap cod font 1 & 2 , nous terminons à une honorable 6° place face au terre plain du CNC . Merci pour l’accueil chaleureux ….

05 septembre Régate «dite du Moulleau»

Reportée pour cause d’incendie, de fumées toxiques et d’interdiction de navigation pour faciliter le travail des avions porteurs d’eau, nous nous retrouvons en ce premier week end de septembre une nouvelle fois sur ce parcours autour de la

Matelle , le banc des milliardaires, et la K2

Joli vent établi de noroît qui va très vite s’effondrer, la balade n’en sera que plus longue, un équipage motivé … on a failli croquer Lo Corbageaud à un  virement de bouée, mais sont forts les bougres…. ils reprennent de la distance, courre l’uy sur le Ti’Bac jaune qui voudrait grignoter notre safran …… une ligne d’arrivée quelque peu chamboulée….. qu’importe on termine 3°.

12 septembre la régate de fin de saison, le Tour de l’île.

Cette année par manque d’équipiers et  de chef de bord disponibles, notre bateau n’est pas inscrit……

Ce récapitulatif ne serait pas complet sans l’épisode victorieux des 18 heures avec l’option arrêt à minuit pour nous.

C’est sans doute la régate la plus emblématique du bassin, celle où on navigue même la nuit.

Le départ est à 15 heures  le parcours est dans le sens anti horaire. Thiers, Belisaire, le Moulleau virement devant le CVA , et, en boucle.

L’équipage est réuni, Pierrot est à la baguette pour la tactique, Marie à la barre pour le cap et le reste de l’équipage pour tirer les ficelles. Cette édition s’annonce ventée et  sur ce bateau, tout devient costaud quand le vent monte.

Pierrot observe, teste le vent commande les manœuvres et lance la bête pleine balle vers la ligne. ‘’Bon départ ‘’, nous franchissons la ligne en 8ème position je crois, ce qui est pas mal au milieu d’une flotte de presque 100 bateaux.

Le Pierre Mallet taille sa route, traversant sans broncher les vagues du bassin, il faut dire qu’avec 6 tonnes lancées, ce sont les vagues qui s’écartent et qui rincent régulièrement le pont, que ce soit sous le vent, mais aussi au vent. Marie tient la barre avec vigueur, elle a du mérite car la bête n’est pas facile à dompter, j’en ai fait l’expérience sur un des bords de près. Le vent est orienté de telle sorte que la navigation est « simple », de longs bords où il faut surveiller les risées, faire avancer le bateau.  Les passages de bouée demandent un peu d’anticipation pour se jouer du courant qui fait avancer le bateau en crabe. Pierrot annonce : ‘’Positif’’, ‘’négatif’’ et Marie rectifie le cap vers la marque.

Au premier passage vent arrière à Bélisaire, Pierrot choisi le 270° face au vent plutôt que l’empannage, il faut dire que ça pulse et qu’avec toute la toile, il faut rester prudent. La bête a quand même 35 ans, ce qui est un âge respectable pour un bateau en bois. Nous utiliserons aussi les bastaques pour soulager le mât.

Pendant ce temps, nos concurrents directs souffrent.

Messenger annonce un problème de safran tout comme lo Corbagaud, Tante Sophie prend l’eau et rentre au port. On n’est pas les plus rapides, mais, La Fontaine avait raison, ce n’est pas forcément le plus rapide qui finit devant.

Les tours s’enchaînent, maintenant il faut aller au bout et prendre un ris pour soulager le gréement.

Vers 22h30 / 23h00, le vent faiblit, on passe une dernière fois Bélisaire, la bouée du Mouleau et nous nous retrouvons à tirer des bords carrés contre le courant. Minuit sonne, c’est la délivrance.  Premier dans la catégorie ‘’voile traditionnelle’’ et second en distance réelle pour la flotte des 9 heures. Pas si mal. Moteur ! Cap sur le port, au passage on récupère Mayero qui a des problèmes avec le sien. Bateau rangé, on peut aller se reposer, rendez vous pour la remise des prix.

Un grand merci à l’équipage, à Pierrot qu’il est instructif de voir diriger les manœuvres, à Marie qui a valeureusement tenu la bête à la barre la majorité du temps a dû avoir quelques courbature les jours suivants.     -JBL —

Bilan de toutes ces régates — nous honorons une belle 5° place  au classement général pour cette saison 2026 —

Une nouvelle fois, grand merci à toutes et à tous et rendez vous la saison prochaine.

Expressions locales utilisées —

A huc de cayàou — à fond de caillou, à toute allure

Plageot –– petite plage de sable

Pèt de chioulet –– coup de sifflet

Garrayes — Jambes maigres

Tus de jaouges — buisson d’ajoncs piquants

Natus de Bas — lieu-dit en forêt usagère, sur droite de la piste 214 après le cimetière des noirs . (nécropole du Natus) éstadit — épuisé

Courre d’uy — suivre de l’œil

Tranquillot — paisiblement

JPD–

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